Mes premières expériences de biographe privé ont consisté à noter manuellement les paroles des narrateurs. Je me suis progressivement rendu compte que nombre de propos rapides, d’images brèves, ou de jolies formules ne passaient pas le cap de cette retranscription. En effet la plume, si vive soit-elle, ne peut suivre le rythme des paroles, à fortiori des idées. J’ai aussi noté que ce mode de collecte obligeait le racontant à un rythme de parole non naturel, ce qui faisait s’effacer de l’esprit certaines idées, à peine ébauchées dans le fil bouillonnant du souvenir.
Ces constats m’ont conduit à enregistrer les paroles que je recueille, ce qui évite par ailleurs le risque de faire répéter certains passages de l’histoire si ma mémoire vient à défaillir. La technique de ces enregistrements - sur un petit appareil de poche très discret - m’a par ailleurs permis de construire l’offre du disque réunissant vos propos, présentée en page « Votre voix sur un CD ». C’est ainsi que j’ai monté le mode opératoire indiqué en page « Rencontrer votre biographe ».
De fil en aiguille, je suis venu à élargir cette méthode, pour répondre à l’attente de clients résidant dans des secteurs éloignés de Nantes, voire à l’étranger. Nos entretiens se font alors par téléphonie pour les habitants de l’hexagone, par technique Skype pour des correspondants du monde entier sous la seule réserve qu’ils disposent d’un bon raccordement à l’internet. Cette formule « à distance » peut également convenir à des personnes en mouvement disposant de peu de temps pour me rencontrer : elle peuvent mettre à profit les créneaux inopinés de leur agenda pour enregistrer elles-mêmes leur récit et m’en adresser le fichier informatique.
Contrairement à mes appréhensions de départ, j’ai vite perçu que la communication passait fort bien, que les messages et la sensibilité s’affranchissent vite de l’éloignement. Parfois même, cette distance physique peut faciliter l’expression de l’intime. De toute façon une rencontre pour mieux saisir votre environnement reste possible, moyennant la prise en charge de mon déplacement.
Cette méthode (que peu d’écrivains proposent) est très efficace. Au rythme d’une heure de conversation par jour suivie d’une restitution le soir même, le livre peut même être construit en moins d’un mois. Il reste néanmoins souhaitable de prendre le temps d’un mûrissement de l’écriture avant mise sous presse. A l’extrême, j’estime pourtant qu’un ouvrage pourrait être écrit en dix jours. Cette formule, que je n’ai encore jamais pratiquée, conviendrait par exemple pour sortir un « livre express » ou "fast book" portant sur un témoignage d’actualité.