Inventer des situations, construire des lieux insolites, donner vie à des personnages : ces fruits de l’esprit s’épanouissent dans le livre. Les personnes douées d’imagination et aptes à mener cette aventure sont plus nombreuses qu’on ne le pense. La plupart butent sur une insuffisante maîtrise de la langue écrite ; d’autres sont confrontées à un simple manque de disponibilité.
Au fil de mon activité de biographe, j’ai été contacté par des créateurs éprouvant ces difficultés, mais désirant ardemment faire aboutir leur projet littéraire. Je me suis volontiers investi dans l’exercice consistant à réécrire leur œuvre. Mon rôle était alors de rendre un texte bien rédigé (c’est le moins que l’on puisse attendre…) et doté d’un style valorisant les images portées par l’auteur. Cette aventure a satisfait ce dernier autant que moi-même. L’édition en librairie a suivi. Par la suite j’ai renouvelé ce plaisir de coécriture à quatre mains. Ainsi, parti de la seule biographie, j’ai progressivement étendu mon activité à celle d’un "porte-plume" pratiquant la réécriture de romans.
Ces livres de fiction portent la paternité spirituelle de leur auteur. Aussi n’est-il pas opportun d’y signaler ma contribution. Mon métier est alors pleinement celui d’un ghost writer : mot anglo-saxon équivalent au terme nègre inventé par Alexandre Dumas.